Janvier 2016 un nouveau défi :

Pour une Fondation chaque nouvelle année est un autre défi : la poursuite de nos programmes d’enseignement, l’engagement de nos volontaires, la formation de nos nouveaux formateurs indiens, la fidélité de nos sponsors, les nouvelles recherches de fonds, sont autant de thèmes qui se répètent d’une année à l’autre.
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2015 nous a procuré d’immenses satisfactions, et en particulier dans la future durabilité du projet en Inde : en effet nous avons progressé dans la remise des responsabilités administratives de l’institut de maréchalerie de Dundlod à des partenaires du monde equestre indien, sous forme d’une fondation indienne IFF (Indian Farriery Foundation). Lorsque cette fondation sera officiellement établie dans les prochains mois, davantage d’informations seront fournies quant à la poursuite de ses activités et ses futures relations avec FAF.

 

 
L’éducation s’impose comme une évidence pour nos cultures. Le doit à une éducation de qualité n’est pas encore acquis dans de nombreux pays où seul l’argent permet d’y accéder. Alors que chez nous, la profession de maréchal ferrant est une activité vivante qui évolue en fonction des connaissances scientifiques de la médecine vétérinaire et de la haute technologie, il n’en est pas de même en Inde – je dirais même en Asie – où cette activité est reservée à des personnes peu éduquées qui n’ont pas ou peu accès à ces évolutions dynamiques. La réalité est qu’entre l’Europe et l’Asie, un fossé nous sépare dans la pratique de la maréchalerie, et par conséquent nos connaissances ne sont pas faciles à transmettre à ces collègues étant donné qu’il leur manque les bases nécessaires pour être ouverts à ces nouveautés.
 
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Notre défi à la FAF est de changer l’image de la maréchalerie (aujourd’hui, activité des castes inférieures) et d’attirer d’avantage de jeunes candidats qui soient éduqués, compétents en anglais, qui seront à même de gérer leur propre entreprise et surtout de transmettre leurs connaissances à de nouveaux jeunes attirés par cette profession. En Europe le système d’apprentissage a fait ses preuves, en effet la Suisse est souvent citée en exemple pour l’exellence de ses programmes d’apprentissage. Ils reposent sur de vielles traditions mais s’adaptent aussi aux nouveautés dans les enseignements, tant dans les branches artisanales que techniques. Chez nous, toute la partie pratique est enseignée par un maître d’apprentissage, une personne qualifiée et reconnue pour son excellence dans sa profession, les branches théoriques étant enseignées dans une école professionnelle. L’Inde a beaucoup négligé son artisanat et ses professions manuelles pour privilégier le développement de la haute technologie et des professions scientifiques issues des universités ou des hautes écoles. Les bons artisans y sont de plus en plus rares, on le remarque dans les professions de la construction telles que les maçons, les carreleurs, les plombiers, les charpentiers, les électriciens, les peintres, les serrurriers, les soudeurs et qui s’en inquiète ?

La FAF a un défi, elle souhaite donner une nouvelle image à la profession de maréchal-ferrant en faisant découvrir un avenir attractif et prometteur à cette activité. Elle veut démontrer que les connaissances aquises supposent le respect de la clientèle tout en stimulant les individus à progresser davantage. La connaissance fonctionne un peu comme un aimant, il est aisé aujourd’hui d’obtenir une multitude d’informations par le biais de mentors, d’enseignants ou de collègues, et en consultant des sites ciblés sur internet, des revues ou des cours en ligne. L’accès à la formation et l’aide à ceux qui n’en ont pas les moyens doivent se généraliser.

La FAF fera tout son possible pour aider ceux qui veulent accéder à la profession de maréchal ferrant grâce à une très bonne formation. Nous avons besoin de jeunes qui soient motivés à accéder à une profession dont ils n’ont jamais supposé la richesse.
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Ils vont la découvrir à travers les connaissances et la passion des enseignants volontaires. Ce sont des artisans qui possèdent un savoir faire et des connaissances liées à une vie active pendant laquelle ils ont eux aussi découvert toutes les subtilités de la maréchalerie. L’expérience est une notion un peu abstraite pour certains, mais sa magie se construit au quotidien à travers un travail sur la durée et une constante remise en question de sa propre activité. Pour celui qui sait ouvrir les yeux, on dit « la première erreur est un fantastique professeur », cette leçon nous poursuivra toute notre vie, elle nous aidera à rester modestes et à ne cesser de s’interroger.
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Travailler avec les chevaux est un perpétuel renouveau, l’approche d’un inconnu nous oblige à beaucoup de psychologie et d’intuition. La mise en confiance du cheval, son approche et sa manière de l’aborder et d’analyser la situation qui peut être banale ou très compliquée lors de boiterie, nécessite de rassembler toutes ses connaissances sans nécessairement les dévoiler. La modestie est une grande qualité lorsqu’on travaille avec les humains ou les animaux, elle révèle souvent des gens extrêmement compétents qui sauront mettre en confiance les clients, leurs patients.
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Ce qui est magnifique dans l’enseignement c’est que la vie professionnelle a un début mais pas de fin. Tout comme les gènes se transmettent de génération en génération, il y aura toujours un petit quelque chose du mentor qui survivra dans les générations que nous formons.

La FAF espère créer des passions, tout en souhaitant constituer une banque de savoir pour les maréchaux en formation. Elle espère que ce cycle de transmission des connaissances devienne un exemple dans les pays où nous enseignons et une philosophie de vie pour ceux qui pratiquent la profession de maréchal ferrant. Kir3

Bernard Duvernay